• Vosgesmatin.fr, Est-Républicain, L'énigme de Marthille, 05 août 2013, Jérôme Estrada.( Est-Républicain)


    Vosgesmatin.fr, Est-Républicain, L'énigme de Marthille, 05 août 2013, Jérôme Estrada.( Est-Républicain)

    " Les trésors cachés (1/5) Un document trouvé par hasard, en 1925, révèle l’existence d’un fabuleux trésor dans le bois des Seigneurs en Moselle. Peut-être celui du duc d’Enghien L’énigme de Marthille. "

    " CELA COMMENCE comme dans un livre de Dan Brown. Nous sommes en 1925. Gaston Masculier, s’apprête à détruire un vieux missel acheté dans une brocante, par son père, commerçant à Metz. Soudain, de la doublure du livre s’échappe un document. Intrigué, le jeune homme le déplie délicatement. Il s’agit d’un testament olographe daté du début du XIXe siècle. Détail intriguant : La fin du texte semble avoir été écrite avec du sang. Enfin, un croquis indique l’emplacement d’un trésor. Et quel trésor ! Il est question de dix-sept lingots d’or, de deux mille pièces à l’effigie de Louis XVI du même métal, d’un sac de diamants et d’un autre avec des joyaux et bijoux !

    Au comble de l’excitation, Gaston Masculier confie son incroyable découverte à un ami. Les deux compères ont du mal à déchiffrer l’intégralité du texte. De nombreuses lettres situées dans la pliure du parchemin sont illisibles. Autre difficulté : des mots sont remplacés par des chiffres. L’auteur — un mystérieux comte de Savary -, s’il a, selon toute vraisemblance, écrit ce testament dans l’urgence, n’en a pas moins pris le temps de le coder. Cependant, pour Gaston et son ami, il ne fait aucun doute : un trésor se trouve au lieu-dit « bois des Seigneurs », à proximité du petit village de Marthille (Moselle).

    Sur place, ils trouvent un tertre inondé sur lequel affirment les historiens locaux, se dressait, autrefois, une tour ou le mur d’enceinte d’un château, à moins que cela ne soit d’un monastère de l’ordre de saint Arnould. Ne sachant trop où chercher, ne disposant pas de moyens suffisants, les deux jeunes hommes font appel à des notables de Pont-à-Mousson suffisamment riches pour entreprendre des recherches de grande ampleur. Ainsi débute l’opération « Marguerite », nom donné afin de ne pas attirer l’attention des curieux. Pourtant, malgré les précautions, le secret est vite éventé, la presse s’empare de l’affaire.

    Le trésor reviendrait aux héritiers

    Il faut dire que le site a été mis sens dessus dessous. Au total, plusieurs dizaines de milliers de francs de l’époque ont été engloutis dans des fouilles titanesques. En vain. Seuls quelques morceaux d’une vieille épée rouillée ont été trouvés !

    L’affaire aurait pu en rester là. Si, soixante-dix ans plus tard, un passionné d’histoire n’avait repris l’enquête à son compte. « T out a commencé en 1995 en lisant une revue spécialisée bien connue des prospecteurs. Il y était question de Marthille », raconte Albert Fagioli. Cette histoire excite sa curiosité. Il se lance alors dans une enquête de longue haleine. Son hypothèse : « Il s’agit du testament du duc d’Enghien, fils du duc de Bourbon, petit-fils du prince de Condé. En signant Savary, il voulait désigner son bourreau, le chef de la police secrète qui l’a fait enlever. Selon moi, le duc a commencé sa rédaction dans la prison de Strasbourg et l’a terminé tant bien que mal dans celle de Vincennes, avant son exécution, avec la seule encre à sa disposition, à savoir son propre sang ». Albert Fagioli estime que la mention « B.d. ML » qui figure sur le document doit être lue « de droite à gauche ». Elle signifie Louis-Antoine Henri de Bourbon, « l e A et le H se mêlant pour former un M », soit le nom complet du duc d’Enghien.

    « Le prince avait émigré, en 1803, à Ettenheim, dans le grand-duché de Bade. A court d’argent, il est revenu clandestinement en France récupérer le trésor familial. Trois convois seraient partis, sous couvert de transport de bois. Sur la route, le duc a été attaqué. Il a alors caché son trésor ». Pas à Marthille selon lui, « les points cardinaux sur la carte ne correspondent pas avec ceux du bois des Seigneurs », mais dans un autre château mosellan dont il préfère taire le nom pour ne pas susciter une nouvelle ruée. « J’ai passé une convention avec son propriétaire, un agriculteur », précise-t-il. Seul problème mais de taille : la loi. Le Code du patrimoine est sans ambiguïté : « Nul ne peut effectuer sur un terrain lui appartenant ou appartenant à autrui des fouilles ou sondages à l’effet de recherches de monuments ou objets pouvant intéresser la préhistoire, l’histoire, l’art ou l’archéologie sans en avoir au préalable obtenu l’autorisation ».

    Deuxième écueil : il ne s’agit pas d’un trésor au sens du Code civil puisqu’il n’a pas été découvert « par le pur effet du hasard ». Cette fortune reviendrait donc aux héritiers, en l’occurrence la famille d’Orléans ou tout autre qui en apporterait la preuve.

    Jérôme ESTRADA "

    *** Certainement l'un des meilleurs articles concernant l'histoire du trésor de Marthille réalisé par Jérôme Estrada de L'Est Républicain, depuis la sortie du livre de Mr Fagioli en avril 2008. ***

     

     


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