• Métier de l'Ombre 6/8 : "On sort des chemins battus, L'Alsace vendredi 14 août ." (Clémence Lesacq)

    Métier de l'Ombre 6/8 : "On sort des chemins battus ." (Clémence Lesacq)

    Métier de l'Ombre 6/8 : " On sort des chemins battus ", L'Alsace vendredi 14 août . (Clémence Lesacq) 

    Albert Fagioli utilise notamment un dowser (main droite) et un pendule Mermet pour localiser les endroits recherchés. Photo L’Alsace/Clémence Lesacq

    C’est une drôle de passion, à mi-chemin entre l’archéologie et l’art divinatoire. Depuis des dizaines d’années, Albert Fagioli découvre des lieux cachés. Parmi ses découvertes récentes : des galeries inconnues sous la cité de Carcassonne, des salles enfouies sous les églises d’Alet-les-Bains ou encore de Marmoutier. L’homme de 52 ans assure également avoir trouvé l’emplacement du trésor du Capitaine Kidd ou encore de celui du Duc d’Enghien. Il a d’ailleurs publié un ouvrage sur le sujet en 2008 : Le testament du duc d’Enghien.

    Pourtant, Albert Fagioli est mécanicien régleur près de Nancy. Il fait les « 5-8 » en usine, et consacre tout son temps libre à cette passion dévorante. « C’est vrai que ça prend beaucoup de temps, et c’est du pur bénévolat… » Car là où le bat blesse c’est que le cinquantenaire, se décrivant comme un « chercheur extrasensoriel » n’utilise pas les méthodes traditionnelles mais celles du radiesthésiste. C’est donc avec un « dowser » (mot anglais pour désigner un outil de recherche du radiesthésiste N.D.L.R.) ou encore des baguettes de sourcier, que l’homme détecte des endroits et objets cachés.

    Pour se faire, le déroulé est toujours le même : Albert utilise son pendule Mermet (pour le visualiser, imaginez la pendule du professeur Tournesol) au-dessus d’une carte, depuis chez lui à Charly-Oradour, et vient par la suite confirmer ses dires sur place.

    Savoir faire face à la critique

    Comme tout radiesthésiste, Albert Fagioli explique que ses découvertes lui viennent d’une sensibilité hors-norme au magnétisme, un « véritable don ». Difficile de ne pas crier au charlatanisme. D’autant que, en France ou à l’étranger, certains profitent de ce « don » pour monnayer des services : retrouver des objets et personnes disparus, ou encore faire un « bilan énergétique »… Albert Fagioli, lui, ne monnaye pas ses services. « Je suis passionné par les sous-terrains, donc je le fais bénévolement, mais je ne fais pas dans la recherche de disparus etc. ! »

    Une fois seulement, Albert a dérogé à sa règle et a accepté de se mettre en quête (gratuitement) d’une clé usb « importante » pour un inconnu. Après un « travail mental » à l’aide de son pendule (difficile d’en savoir plus sur le procédé), Albert recontacte le particulier. « Je lui ai dit : votre clé n’est pas dans votre maison ou à votre travail. Regardez plutôt à l’arrière de votre voiture. » Albert assure que, six mois plus tard, l’homme le rappelait pour lui annoncer que sa clé usb avait été retrouvée : dans le coffre d’une voiture oui, mais celle de sa mère. Albert le sait, son activité « sort des chemins battus ». Et face aux critiques il fait bloc : « Ceux qui doutent, ce sont ceux qui ne connaissent pas mon passé ! J’ai déjà eu des dizaines d’articles dans les journaux régionaux, je suis passé à la télé… Énumère le cinquantenaire comme pour se justifier. Pourtant, les gens continuent à vouloir me tester et, oui, parfois ça devient gonflant. » Se calmant quelque peu, l’homme reprend : « Les gens sont comme Saint Thomas, et je peux les comprendre… Mais maintenant, quand on ne me croit pas, ça me passe au-dessus. »

    Des découvertes inédites

    C om ment choisit-on un jour de devenir « chercheur extrasensoriel » ? Le concerné hésite. « J’ai toujours été passionné de recherches historiques, d’énigmes, j’avais un détecteur de métaux… C’est vers 17 ans, vraiment, que ma passion a commencé. » En 1995, il achète son fameux « dowser » et son premier pendule et se lance à fond dans sa passion.

    « Je voudrais bien en faire une activité professionnelle, mais j’attends une découverte encore plus médiatique pour pouvoir me lancer… » Albert pourrait alors créer une micro-entreprise de « prestation de services » pour les propriétaires privés ou les services publics à la recherche de vestiges, de tunnels, de sous-terrains… Cette « grosse découverte » sera peut-être celle du trésor de Kidd ? Ou peut-être celle de plusieurs sous-terrains inédits, que l’homme est persuadé d’avoir découvert dans un château non loin de chez nous… Pour le moment, ces informations sont sous embargo. Suite, donc, au prochain épisode.

     

    LA SEMAINE PROCHAINE Portrait de Jean Lehmann, artificier.


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